Sunday, October 08, 2006

Froid Chaud

Connaissez-vous l'angoisse ardente paradoxalement phobique et psychotiquement légendaire du cracheur de feu ? Cette fameuse est le fruit d'une histoire vraie dont le héros est un crétin fini. Cela commence en 1356, à la cour du roi Szanien Fundor le Péteux (il y a une légende derrière ce surnom aussi ! Et plus grandiose qu'il n'y parait..). Thaneth était un jeune jongleur d'une stupidité rare, et dont le talent pour les amuseries ne dépassait guère le sobriquet de son souverain. Or, ce métier a l'inconvénient de mener rapidement à la mandragore si l'on est pas doué ! Ce garçon serait donc mort fort jeune si son père n'avait pas été le fou en chef du roi. Le talent du père rattrapait la nullité du fils. Mais, se voyant vieillir, le père (dont l'amour pour Thaneth surpassait l'inutilité suprême du gamin) décida qu'il fallait agir pour assurer la survie du rejeton. Il choisit d'en faire un cracheur de feu. Métier qui diminuait sensiblement la durée de vie du travailleur mais qui, au-delà de ça, ne pouvait être mal fait au point de mériter la potence ! Le feu impressionnait l'homme depuis avant l'arrière grand-père, et ça suffisait bien.





Aussitôt dit, aussitôt fait. Voila Thaneth l'imbécile avec sa fiole d'alcool et sa torche pour sa première représentation. C'était la fête du solstice d'hiver, et tous les nobles des environs s'étaient joints au roi pour l'occasion. Thaneth fut irréprochable ! Faisant même montre d'un certain talent, il produisit des boules de feu monstrueuses, fut applaudit et réclamé par la tablée en délire à plusieurs reprises. Si bien qu'il revint plus tard dans la soirée, pour annoncer le début du tournoi des lanciers à grand coup de souffles enflammés ! Cependant, lorsqu'il eut finit sa prestation, le royaume assista à une scène qu'il n'oublierait jamais : Thaneth sembla devenir fou. Il commença par agiter frénétiquement ses mains devant son visage, comme si une nuée de mouches l'attaquait. Il cracha maintes et moult. Souffla comme un bison, courut en tous sens, les yeux révulsés.. et enfin, il se jeta sur une épée et s'ouvrit le thorax avant de plonger ses deux mains dans sa plaie globulante pour l'écarter de toutes ses forces. Il mourut en une vingtaine de secondes révoltantes, et resta un bon quart d'heure à gargouiller dans son sang avant que quiconque ose esquisser le moindre geste dans tout le château.



On comprit plus tard la raison de cet incident. Thaneth avait peur du feu, et surtout peur des conséquences qu'aurait l'embouchisation de l'alcool sur son organisme. Bien que grisé par son succès, Thaneth était terrifié à l'idée de faire deux représentations au cours de la même soirée, persuadé que son corps ne pouvait supporter qu'une petite quantité de saloperie par jour. Il était donc sous pression. Quand il finit son numéro, le bougre, en reprenant son souffle, vit qu'il expulsait de la fumée à chaque respiration ! Et pour cause, il devait faire moins dix dehors. Mais Thaneth l'abruti n'avait pas un esprit très rapide, et la panique le prit avant qu'il puisse comprendre ce qu'il lui arrivait. Après un court instant de délire total, il finit par se dire qu'il devait.. on ne sait pas bien ici. Peut-être voulut-il aérer ses poumons, ou peut-être croyait-il qu'ils contenaient une braise qu'il essaya d'enlever.. Ses poumons, il les aspergea bien, effectivement, mais il n'avait pas du penser à la suite des opérations.



Voila. J'ai eu envie, dans mon bain, de repartager avec vous mon poème préféré : Le Graal. Il est d'ailleurs tout à fait en rapport avec mes blogs précédents puisqu'il parle d'ennui, d'immortalité, de folie, et de cruauté, de subjectivité, et de plein d'autres choses ! le voici.



Le Graal :

P’tain mec, l’ennui, c’est chiant !
Comme si t’étais coincé dans un con d’crabe géant,
Et qu’pour t’extrair’ vivant d’c’t’immonde carapacé,
T’avais, pas d’bol, mon gros que tes mains et tes pieds.

Quand enfin t’es sorti, t’es à poil dans un champ.
Immense, vert, bleu, et gris dans le soleil couchant.
Ca fait trois jours, mon pote, que t’as rien à manger,
T’as plus un newton d’force, tu peux meme plus t’lever
T’es dans une flaque de sang, c’est glissant a s’damner,
Pis t’as une patte sur l’torse qui achève de t’clouer.
Alors tu r’gardes le ciel faire sa poussee d’acné
Et tu pris qu’les vautours ne viennent pas t’becter.

Mais, mec, y’a aucun risque, t’es plus qu’un vieux tas d’os
Qu’a rien pigé au cycle, qu’a gardé son cerveau
Qu’est tout nu dans l’desert pour un bon p’tit bout d’temps
Et qu’est sur l’point d’apprendre que, MERDE !, l’ennui c’est chiant.


Au bout d’un siècle et d’mi, t’as perdu toute raison !
Et tu crois dur comme fer qu’tu dors dans ta maison …
Qu’ta femme et son p’tit corps se r’posent à un bras d’toi
Et qu’d’main t’iras prendre douche dans un peignoir en soie

Mais les affreux p’tits gosses qui, c’soir, t’verront par terre,
Racont’ront qu’cette aprem’, en jouant dans le desert,
Z’ont vu un drôl’ d’squelette qui souriait bizarrement
Alors qu’l’était coincé sous un étrange truc blanc ;
Reviendront le lend’main t’explorer plus avant,
Et t’détailleront sans doute des orteils jusqu’aux dents.
En deux-trois jours a peine, ils t’connaîtront par cœur
Et t’n’auras à leurs yeux même plus l’merite d’faire peur.

Alors, cherchant en toi une nouvelle attraction,
Ils trouv’ront en ton crane un excellent ballon,
Et en f’ront fuir vite fait par leurs coups répétés
La folie salutaire qui, lâchement, l’habitait.


Seul’ment, PAUVRE ABRUTI !, t’as perdu tes beaux yeux,
Et meme en t’concentrant, tu verras plus les cieux
Qu’étaient vermeils hier et aujourd’hui p’tet bleu
Mais ca, t’l’sauras jamais, mon pote, parc’que t’es creux …

T’entends pas plus qu’tu vois, et tu sens aussi peu
Tu peux pas t’suicider, t’es qu’un PAUVRE CRANE MITEUX !
Le délire est parti et reviendra jamais
P’tain mec, j’te l’avais dit qu’l’ennui, ca f’sait chier …

Gasp.

{Blow}
{Colonel Smoker}
{San Dragoon}
{Let The World Know}

[There's A Good Reason Why These Tables Are Numbered, You Just Haven't Thought Of It Yet] Panic! at the Disco

2 Comments:

Anonymous Anonymous said...

^^ l'est marrante ton histoire
grrrr i hate "blow" (as stupid as Thaneth...)

8:15 PM  
Blogger The Gasp said...

Han ! et bah Blow t'aime pas non plus -.-
lol

11:50 PM  

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