Le mensonge dans la société civile

Tout ce qu’on dit, tout ce qu’on fait. Rien n’est factice. Rien n’est mensonge. On est ce qu’on fait. Notre « moi » s’exprime en permanence, et un mensonge, ou ce qu’on croit être un mensonge, n’est que l’expression d’un « moi » éphémère. « Moi » dont on a peut-être honte, ou au contraire qui est trop séduisant pour qu’on y croit vraiment. Mais il nous constitue autant que celui qu’on croit être.
Chaque instant de notre vie aide à former les êtres complexes et absurdes que nous sommes. Chaque tout petit instant nous constitue. Jouer un rôle ? Quelle drôle d’idée.. On est ce qu’on joue. Que ce personnage ne soit qu’une de tes facettes, Pinocchio, on en doute pas, mais ça reste une de tes clés. Tu peux en avoir des milliers, des facettes, et même des que tu comprends pas toi, ou que tu n’acceptes pas, mais tu es tout ça.

Le mensonge, c’est de la connerie. Tu as dit ce que tu pensais devoir dire à un instant précis de ton existence, dans un environnement précis, dans des circonstances figées. Une autre solution était possible, et peut-être te semble-t-elle plus juste a posteriori, comme elle te semblait plus juste avant.. Mais sur le moment, faut croire que ça t’a pas plu. Refuser la décision de l’instant, pourquoi pas ? Qu’est-ce que tu dois à ton toi passé ? Pourquoi pas nier tout en bloc ? Rien ne l’interdit. Tu es qui tu veux. C’est un droit qu’on ne peut t’enlever. Ton intelligence te permet de changer au gré des vents. Et ta conscience ?
En racontant n’importe quoi, tu peux causer pas mal de problèmes, c’est vrai. Mais on s’en fout. C’est toi qui m’intéresses. Si tu peux t’affranchir de la culpabilité, je ne vois aucune raison pour laquelle tu devrais te poser et t’enliser dans une vie unique. Mais peux-tu vivre ainsi ? D’ailleurs, toutes les personnalités que tu t’inventeras ne pourront jamais supprimer la tienne. Tu as des caractéristiques, comme tout le monde. Versatile, effrayé par la stabilité, manipulateur, brillant. J’sais pas moi. On s’invente pas. Tes actions sont la conséquence de signaux nerveux qu’envoie ton cerveau. TON cerveau. On est soi, quoiqu’on fasse. Les fous comme les sains d’esprit.

Le mensonge a une conséquence sur tes relations avec les autres. Parce que n’étant pas toi, ils ne peuvent accepter que tu modifies la réalité en fonction de tes envies ou de tes peurs. Ce que tu dois apprendre de cela, ce n’est pas qu’il ne faut pas mentir sous peine d’être puni. Il faut juste savoir que quand les circonstances te feront mentir, tu devras t’attendre à des retombées dans le monde extérieur. Mais, ne plus mentir alors que tu l’aurais fait en temps normal, c’est faire preuve de déloyauté envers toi-même ! Non ?

Faut-il s’éduquer ? Ou se faire confiance ? Les deux m’apparaissent comme les deux faces d’une certaine lâcheté. Si tu mens, tu es toi, mais tu sèmes le chaos, et puis tu ne réponds pas au défi. Si tu ne mens pas, tu es toujours toi, mais tu suis le modèle. Le chaos ne marche pas, mais le modèle ne me paraît pas top non plus. Suivre sa propre voix, présomptueux, chaos à nouveau. Suivre la voix indiquée, lâche, stérile.
Les compromis, ça manque de classe. Mais alors, que faire ? Tuer tout le monde. Détruire le modèle. Tout réduire à néant. Une solution à la Calvin : « Quand vous ne savez pas répondre à la question, niez ses termes. » ou un truc dans le genre. Sans civilisation, le problème ne se pose plus. Bienheureux les ignorants. Sans blague.

{Abandonne bonhomme}
{Burnin' Satan}
{Honnêteté}
{When Apokalyps' comin', stay behind}
{Egg Shield}
{Human Bomb}
{TOA, JVAIS TMANGER !}
[Don't Lie] Black Eyed Peas
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