Monday, October 16, 2006

S'Il existe, alors c'est moi

Océan. L’étendue d’H2O, je m’en fous. Océan, c’est un état, une humeur. Mieux, c’est l’Humeur ultime. Et l’ininvoquable ! T’auras beau reproduire exactement les heures qui ont précédées ta dernière expérience de l’Océan, elle viendra pas si elle en a pas envie. Et elle en a pas envie souvent. J’préviens. C’est d’jà dur d’en parler quand on est en plein dedans. Ca risque d’être confus, ‘core plus que d’habitude, désolé. Fait plus d’un an qu’elle est pas venue pieuter à la maison. Oh, c’est pas la peine de s’inquiéter, elle me boude pas. C’est juste que c’est pas l’heure.


Bon, assez de parlotte dans le vide. Je vous explique de laquelle je parle. L’Océan, c’est d’abord le calme absolu. Rien, RIEN ne peut t’atteindre. Kedal. La tristesse pas plus que l’exaltation. Une seule émotion fait le siège : la zenitude. T’es intouchable, flottant au-dessus de tout ce qui pourrait vous venir en tête. Le condor comme les cumulo-nimbus. Ils clapotent à tes pieds.

Ensuite, c’est un stupéfiant bien-être physique. Pas de doigt de pied qui garde un peu trop de sang, pas de nez qui coule, pas de muscle coincé derrière ton omoplate, pas de ténia à te bouffer les entrailles, pas de mineurs dans ta caboche. Rien. Encore rien, devrais-je. Même si c’est pas parfaitement exact. Regarde. Quand tu te sens génial, qu’tu sens plus ton corps, c’est qu’t’y fais pas gaffe, tout simplement. Il marche bien, l’est bien huilé. Dans cet état, si tu te forces détailler les parties de ton p’tit corps, en général, tu finis par trouver quelque chose qui clochouille un peu. Mais dans l’Océan, non. Ton corps n’est pas absent, tu le ressens plus que jamais. Avec déléctation.


Elastique, chaud et frais, incroyablement puissant. C’est de la sensation ! Yay, mais c’est quand même exquis. Ton corps te semble être une sorte de décharge énergétique, une tornade contenue. Tu peux écraser une bagnole d’un battement de cil, t’es gigantesque, indestructible, plumesque comme un léger, tu peux laisser un concorde sur place tout en changeant ton T-shirt et tes lentilles. Et sans faire le moindre effort ! Tout te semble évident, limpide, ridicule de simplicité. L’Océan, en trois mots (haha, pas aujourd’hui que je vais être moins long semble-t-il..), c’est calme méditationnesque, bien-être spa-ique et puissance, maîtrise de l’enveloppe Master-Tao-ique !


Et en un seul mot, l’Océan, c’est le pied-absolu (j’ai dit un !). L’harmonie accomplie entre ton volatile, ton lourdaud et l’Univers entier. Quand t’as ressenti ça, tu crois volontiers les bonhommes qui racontent que si l’homme utilisait toutes les facultés d’son labyrinthe rosâtre et intra frontal, ben, ce s’rait Dieu (à peu de choses près bow). Si tu contrôlais pas tout ça aussi bien, tu jubilerais comme un damné !

Y’a plusieurs raisons à ce déballage affreusement intime de mon état favori, et désormais gonflé à la nostalgie comme peu de rockers à la nicotine. D’abord, ma tendance névrotique à l’exhibitionnisme psycho-intello-cortexique. Ensuite, mon irrépressible et constante envie de frimer. Enfin, (tiens, j’y pense, l’état dont je parle ne nécessite en aucun cas l’absorption de drogues ! J’voyais venir..). Enfin, je réfléchissais, sur le chemin du retour d’un endroit où l’Océan peut aisément frapper, à l’étonnante attirance que l’homme – créature bordelique au possible – a pour la fluidité, pour l’harmonie, pour l’entente.



Oh, ça vous fait p’tet rire, mais moi j’dis qu’on arrête pas ! La passe réussie dans la cour d’école, celle qui amène le magnifique but du meilleur pote. Avec un inconnu, un échange sans anicroche de file en bagnole. En attendant la baguette, la communion de regards amusés avec la pousseuse de poussette de devant face au délire anti-poissonnier de la vieille du coin, qui sait d’ailleurs pas non plus si elle veut un pain aux céréales ou une quiche. Toujours, dans une saine sexualité. Dans la quête quasi-ininterrompue et adolescente de moments cultes et de nouveaux trips à partager avec l’âme sœur pré coïtale. Aussi ! Et c’est ce qui a initié ma pensée : le fait de chanter en même temps qu’on écoute ! Quel genre de masochiste ressent du plaisir à comparer sa voix de fausset tuberculeux mal accordé à celle (lol, c’est le seul nom qui me vienne à l’esprit, je m’excuse d’avance) d’Obispo (par exemple..) ? Haa ! Ou à celle de Ben Harper ? Ben je sais moi, c’est le genre masochiste en phase sévèrement terminale. Nan, ça a pas de sens.. on est pas tous aussi tordus ? Alors quoi ?

L’éternel, inextinguible, irrémédiablement ancré, l’assoiffant et assoiffé désir, urgence d’être en osmose. Avec un brin d’herbe qui a penché sous le même coup de vent que toi, avec ton télépathe de pote, avec une amourette ou ta moitié. Avec n’importe quoi ou qui BORDEL ! Juste apprécier, appréciant la fluidité du transfert, l’accord de l’évènement. Et s’émerveiller sur ce qu’il a fait sans qu’un geste, une onde perdue ou un regard soit échangé. Sur ce que j’ai fait, aussi, ‘videmment. On adore tous être fier de soi..


Je parle pas du lien social, du désir d’être en communauté, de voir ses idées transmissibles et reconnues. Non. Je parle de bien plus que ça, de bien plus haut, je parle de communion ! J’vais délirer un peu pour une fois. Plus de fioritures, on fonce, on fonce, on fonce !

De sa conception au clamsage, l’homme est, à un niveau quelconque de conscience, en tête à tête avec un compagnon terrifiant : l’inconscient. Inconscient, d’ailleurs, dont le nom me paraît usurpé : j’pense bien qu’on a, à un moment ou à un autre, accès à une immense majorité des caractéristiques qu’il conserve. Mais bon. Terrifiant, au sens propre du terme. Au point d’handicaper. Selon moi, les idées affreuses qui surgissent parfois en nous et qu’on repousse ne font pas partie intégrante de notre être, mais leur présence occasionnelle est indéniable. Toujours est-il que le psychopathe perso fait que tout homme TOUT HOMME est vulnérable (tain, ça m’énerve, parce que je veux insister sur mes mots, mais j’ai dit pas de fioritures, alors, sauf contrordre, prenez mes mots avec toute la puissance que la langue française veut bien leur accorder. Voui ? Vulnérable, c’est !). Vulnérable, et conscient de l’être. Conscient aussi de l’inimitable particularité de cette faille. Au-delà de la faiblesse, c’est son originalité qui nous mine ! Car elle nous fait baigner 24/24 dans l’intolérable idée qu’on est insondablement seul. Abandonnés au milieu de nos peurs et de nos obsessions. Abandonnés par nos semblables, qui ne peuvent nous comprendre, et qui ont leur propre cimetière à affronter, et par Dieu, qui n’en a rien à foutre.



Si t’est pas d’accord avec ça. Reste éveillé une nuit d’hiver. Sors de ton lit vers deux heures du matin. Nu. N’allume pas la lumière. Ni le chauffage. Assis-toi par terre. Et entre toi profond dans la tête que ton lit ne t’est plus réintégrable tout de suite. Reste là, dans le noir, le froid et le silence total, pendant une heure ou plus. Au moins, je te laisse le loisir d’être dans un lieu qui t’est familier. Même si, tu verras, quand tu n’en distingues pas les murs, ta chambre adorée perd de sa réalité. Bon. Si après cette expérience, tu n’as pas ressenti (même de la plus infime façon) cette vulnérabilité, tu dépasses mon champ de compréhension, tu es supérieur. Pas besoin de continuer la lecture.


L’originalité. Quand on me dit que je suis original, je suis flatté (tout en pensant « Sérieux ? Mais, et d’où tu sors ça toi ? »). On en parle plutôt comme d’une qualité, qu’on recherche. Mais l’originalité de nos névroses est vécue à l’opposé de l’originalité comportementale. Elle est pénalisante, paralysante, mortelle si on la laisse prendre trop de forces. Et même si le fait de vivre en société, et en famille, rassure vaguement, et permet de vivre. Le fond reste convaincu et torturé par son unicité. Ce fond, la plupart des gens le touche très rarement, voire jamais, car ils sont occupés, entourés, choyés, air baguer. Mais je pense qu’il existe malgré tout. D’autres y sont arrimés-cloués sans cesse et en souffrent terriblement. Mais tous, nous en reconnaissons l’existence dans notre intense plaisir à connaître la complicité ! Un instant, la complicité ignore les fortifications, et vient faire un câlin au gamin frigorifié qui tremblote au fond des oubliettes.

Ca pourrait expliquer pourquoi on déconne. On est tous en panique ! Et pourquoi on jouit tant de l’entente.


{Après la tempête}
{Miyamoto l’insurpassable}
{MAESTRO}
{Shiryu}
{Aime moi aime moi aime moi aime moi}
{Mot à dire}
{Erf, c’que c’est long..}

[Slip Out Of The Back] Mike Shinoda

6 Comments:

Anonymous Anonymous said...

quelle différence entre l'Océan et la douce brise du matin?:) grille toi les neurones sur ce joli sujet sur les états de ton être... parce que l'océan, on peut l'avoir plus facilement que la brise du matin à mon avis..

a tte

5:06 PM  
Anonymous Anonymous said...

Vais plus connaître l'océan avant 9mois moi...

6:43 PM  
Anonymous Anonymous said...

Hey tu m'enverras un peu d'H²O magique d'Asie ? J'les glacerai pour les conserver ;p

7:18 PM  
Blogger The Gasp said...

ben à vue d'nez, la brise du matin, elle frisquise et vivifie ! et l'Océan, il harmonise et baume..

mais m'y pencherais plus sérieusement ^^

j'rapporterais plein d'eau ! vive l'eau !

7:24 PM  
Blogger The Gasp said...

rapporterai :s

7:34 PM  
Anonymous Anonymous said...

Bon, maintenant, je suis au jour le jour, en effet cela m'avait pris 5 heures pour rattraper tout le retard.
A quelques heures du départ ? Je sais que c'est bassement terre-à-terre, mais enfin, tu pars quand ? Après-demain ?
Bonne nouvelle, lire tes textes m'a donné envie de me repencher sur le mien que je remanie de main de maître ... pas mal de passages ayant été écrits sous l'empire/emprise de la morphine (à l'hôpital, à l'époque de mon accident). Et si je me comprends, je ne suis pas sûre que d'autres seraient aptes à le faire ou à comprendre la subtilité de mes profondes pensées.
Tu seras le premier réceptif/tionneur/aire de mon oeuvre lorsqu'elle sera enfin éditée, comme promis ; après tout, tu avais été le seul à t'y intéresser et à m'en demander régulièrement des nouvelles. De plus, j'ai enfin trouvé la fin - je calais - donc c'est du tout bon.
SMS moi pour dire quand tu pars.
P.S. : tu as vu le boom des voitures sans permis ? On peut même les louer maintenant chez Avis etc. Je vais enfin être motorisée quand j'aurai besoin de me déplacer. Tu te rends compte !!! Pas le droit de dépasser le 45 mais c'est la vitesse max que je me serais autorisée même avec un vraie voiture, donc pas de souci. Les enfants craignent un peu le ridicule, mais sur la route du Poët, ça passera ! 3 heures pour les 19 KM en montée, à moi la liberté !!
Bisous. Expérience qui sera aussi édifiante pour moi que la plongée sous-marine pour toi.

11:19 PM  

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