C'est reparti pour un tour..
« Putain de famille à la con ! » fut la première pensée qui traversa l’esprit endormi d’Aimé Vandros. « Pas moyen de pioncer tranquille dans cette baraque de dingues ! ». Il ouvrit un œil. « Nom de Dieu, fait nuit noire.. j’sais pas lequel de ces petits enfoirés fait du boucan à cette heure-ci, mais ça va chauffer. » qu’il grommela, en remarquant qu’à propos de chauffage.. ça caillait drôlement là-dedans. Il voulut alors se redresser, mais se cogna la tête à mi-chemin et retomba lourdement dans sa position initiale. Avec un sale mal de crâne en bonus.
« Ah les petits salauds ! M’ont bien eu.. » marmonna le vieillard avec une rage contenue. Les Vandros étaient sadiques et farceurs de père en fils. Et la dernière génération était particulièrement inventive. Mais bon. Ils avaient beau être dans la veine de la famille, les nabots allaient tout de même se prendre une sacrée rouste pour celle-là de blague. Il allait se lever de nouveau, mais s’arrêta à temps. Et puis soudain, il se rendit compte que quelque chose clochait. Pas de ricanements ! « Pas bon signe ça.. ils doivent avoir un truc pire encor.. Ah putain !». Ca lui revenait maintenant.
« Ca ». Qui expliquait le silence, le froid, l’obstacle et les affreuses courbatures qu’il avait dans tout le corps. « Qu’est-ce que c’est que ce bordel, encore ? ». Et il entreprit de creuser une brèche dans le bois, déjà à moitié défoncé, de son cercueil.
« Salut gamin ! », lança Aimé à son petit-fils de 12 ans qui jouait dans le jardin devant la maison familiale.
« Pépé ? ». Le gamin arrêta un instant d’empiler ses legos et regarda le vieux d’un air ennuyé. « Qu’est-ce que tu fous encore là ?
- J’aimerais bien le savoir. », fit-il en ouvrant la porte d’entrée.
Il allait atteindre le salon, et son fauteuil chéri, quand il entendit sa belle-fille beugler « TOOOM !! Combien de fois je t’ai dit de fermer la porte derrière toi ? ». Alors il bifurqua vers la cuisine. « C’est pas Tom. », qu’il informa avec un sourire à l’acariâtre. Qui s’évanouit.
« Qu’est-ce qui lui arrive à la vieille maintenant ? ». Tom avait suivi son grand-père dans la maison. Qui haussa les épaules et tira une oreille du gamin. « Va fermer la porte toi ! Et on parle pas comme ça de sa mère, p’tit con. ». Tom s’exécuta.
« Il est où le fiston ? », demanda Aimé en repartant vers son fauteuil. La porte claqua. Tom vint s’asseoir sur la table du salon et poussa un soupir. « Papa ? Il est au boulot.
- Tiens donc. Et depuis quand il a un travail c’t’incapable ?
- Depuis que t’es mort Pépé. Les gars de l’usine ont dit qu’un Vandros en valait bien un autre, et ils l’ont embauché. Deux heures après ton enterrement même. Seulement, comme il a pas d’expérience, ils lui donnent la moitié de ton salaire..
- Ben tiens ! M’étonne pas d’ces rats. Et ça fait combien de temps, au juste, que.. euh.. que j’lui ai laissé la place ?
- Ca va faire tout juste trois semaines Pépé. »
Le silence revint squatter la maisonnée. Tom regardait Aimé, qui regardait le vide devant lui.
« Tu devrais enlever ton maquillage, Pépé, ça te va pas.. ». Mais le vieillard était absorbé dans ses réflexions « Pourquoi donc qu’il m’a fait revenir l’autre là ? C’est une vengeance pour toutes les sales blagues que j’ai fait ? Et il veut que j’en fasse quoi, moi, de mon rab’ ? C’est quoi ma mission ? J’ai forcément une mission ! On ressuscite pas les gens pour rien.. ». Puis, tout haut : « Tu devrais vérifier que ta mère respire, gamin.. on sait jamais. Faut ptet prendre une vie pour me rendre la mienne. Tu sais, ces histoires d’équilibre là.».
Les yeux de Tom s’illuminèrent un instant, mais il ne bougea pas.
« Dis donc, gamin, depuis quand t’es devenu si calme ? ». Pas de réponse.
« Salut P’pa ! ». Aimé s’étira. Craquements, douleurs.. Ils auraient pu le remettre un peu en état avant de le réintégrer. Son fils avait tiré une chaise à côté du fauteuil et le regardait avec un drôle d’air. Un peu effrayé, un peu emmerdé, surtout accablé.
« C’est quoi ton problème toi ? T’as pas l’air surpris de me voir..
- Tom m’a prévenu.. J’crois bien que tu nous as tué Isabelle, P’pa.
- Merde alors ! Remarque.. Bon débarras aussi. Comment réagissent les petits ?
- Ben, comme nous deux.
- Pourquoi tu fais cette tête alors ?
- Ben, on a encore un cadavre sur les bras avec c’t’histoire. Commence à bien faire.
- Comment ça « encore » ?
- Ben, tu sais bien.. y’a.. y’a eu le tien y’a pas longtemps.
- Ah bon ? Et pourquoi que vous l’aur.. tiens, c’est vrai ça, comment que chuis mort moi ?
- Ben..
- Arrête de dire « ben » toi, ou j’te mets une calotte ! J’demanderai à Tom de me raconter ça plus tard. Pour l’instant, on a une affaire à régler.. Tiens ! J’ai trouvé. On a un corps, on a un cercueil vide. On a qu’a les mettre ensemble ! Simple.
- Oui oui, on y avait pensé aussi avec les gosses. Mais c’est là le problème. Ta tombe..
- Qu’est-ce qu’elle a ma tombe ?
- T’es encore dedans.
- Pardon ?
- T’es encore dedans !
- Ah bah merde alors.
- Tu l’as dit.
- Mais je suis là aussi, je rêve pas ?
- Nan, tu rêves pas.
- Ben ça..
- Ouaip.
- Allons voir !
- J’te conseille pas, P’pa..
- Ah ?
- T’es.. ‘fin tu vois, non ?
- Non.
- Be.. euh. Ca fait trois semaines que t’étais là-dedans, P’pa.
- Et alors ?
- Ben, t’as été un peu.. comme qui dirait becté.
- Merde alors. Et là, j’suis comme qui dirait becté ?
- Nan, P’pa.
- J’suis un fantôme alors ?
- T’as pas l’air P’pa.
- Depuis quand t’es sympa comme ça toi ? Sympa benêt, mais sympa quand même..
- ...
- Il est où Tom ?
- Avec Fred. Au cimetière.
- Qu’est-ce qu’ils foutent là-bas ?
- Ils te sortent de ton cercueil, P’pa.
- Ah ?
- Pour y mettre Isabelle.
- C’est quoi c’t’idée de plouc encore ? Ils vont en faire quoi du moi en trop ?
- On pensait que tu saurais..
- Comment je saurais ça moi ? J’ai jamais tué personne !
- Y’a Isabelle maintenant.. mais c’est surtout que c’est ton corps quoi.
- Mmm. Ouais. Ben ils ont qu’à le brûler. Cette nuit, on emmène les deux corps à l’usine, on calcine tout, et on rentre !
- Bonne idée ça ! Mais pourquoi on brûlerait Isabelle aussi ?
- Pourquoi pas ?
- C’est qu’on aura un beau cercueil vide sur les bras après..
- Z’avez qu’à le ré-enterrer.
- Avec rien dedans, ce serait dommage.
- Mouais. Bah, on trouvera bien. ... qu’est-ce qu'y'a encore ?
- T’as pas peur de brûler ton propre corps ?
- Pourquoi donc que ça me ferait peur ?
- Ca pourrait te faire disparaître..
- Hin ! Quelle connerie. »
Sur quoi, il alla se préparer un sandwich. Enfin, il voulut, mais la vision du cadavre violacé de sa belle-fille lui coupa l’appétit.
« Dis donc, on dirait qu’elle a étouffé la bru ! Vous comptez la laisser là longtemps ?
- Jusqu’à ce soir, P’pa. On savait pas bien quoi en faire..
- Z’auriez pu la mettre ailleurs quand même.
- Tom a proposé de la foutre aux chiottes, mais Fred a fait remarquer que c’était un endroit où on aimait être à l’aise alo.. »
Fred fit joyeusement irruption dans la pièce avant qu’Aimé ait pu interrompre son fils.
« Salut Pépé ! Alors comme ça, on revient faire un petit coucou ?
- Faut croire..
- Bon. Cette fois, je pense que ça va marcher !
- « Cette fois » ? De quoi tu parles ?
- De t’envoyer en enfer tiens.
- Parce que t’essayes souvent ?
- J’commence à m’habituer ouais. Mais cette fois, y’a du nouveau !
- Ah ouais ?
- Ben ouais ! Y’a maman en plus tiens. On aurait du y penser plus tôt. » ajouta-t-il vers son père.
Aimé jeta un coup d’œil vers son fils.
« C’est quoi son problème au pubère là ?
- Fais pas gaffe. » fit Denis en foutant une taloche à Fred. Qui l’évita et s’éloigna en se marrant. « Il s’est passé pas mal de choses aujourd’hui, on est tous un peu sur les nerfs. ».
Aimé acquiesça vaguement et se recala dans son fauteuil. Fred, qui avait disparu dans la cuisine, retraversa la pièce avec sa mère sur le dos.
« Qu’est-ce tu fais, gamin ?
- J’vais la mettre à ta place Pépé, tiens. Si ça te convient, bien sûr.
- Nan, on va la brûler avec moi, ce sera plus simple. »
Fred s’arrêta et interrogea son père du regard. Qui se contenta d’hocher la tête. Puis de lui faire signe de continuer.
« Bon, ok. J’vais juste la déposer dans le camion alors. »
Aimé regarda son petit-fils sortir de la pièce puis de la maison.
« Pourquoi il prend les pelles ce dégénéré ?
- Sûrement qu’il va les ranger. » répliqua tranquillement Denis.
Le vieux grogna et reporta son regard sur son fils. Qui avait un flingue dans les pattes.
« Qu’est-ce tu fous avec ça toi ? », grinça Aimé. Il avait jamais eu d’armes à la maison. Pourtant, la scène lui rappelait vaguement quelque chose. Denis ignora la question.
« Ouvre ton gilet, P’pa.
- Qu’est-ce tu racontes, sale goss..
- OUVRE TON GILET !!! ».
Aimé obéit. Non pas que son incapable de rejeton lui fasse peur, mais il avait l’obscur sentiment qu’il avait effectivement intérêt à le faire. Puis il fut torse nu. Et dans le geste qu’il fit à son fils pour lui signifier « Ca y est, t’es content ? », il aperçut du coin de l’œil un détail inhabituel.
« Qu’est-ce que c’est que ces trois cicatrices là ? ». Proches les unes des autres, trois marques de la taille d’une pièce de cinquante centimes au niveau du cœur. Il leva la tête et vit le canon de l’arme pointé vers lui.
« Alors c’est comme ça que chuis mort ? Trois balles dans le cœur..
- Une seule a suffi P’pa. J’allais pas gâcher trois balles pour un vieux con comme toi ! Ca coûte pépette les munitions..
- Alors pourquoi que..
- Cette fois, je pensais changer de méthode, vu l’efficacité de celle-là. Mais t’avais pas rencontré Isabelle les deux autres fois. Elle est à l’atelier couture normalement le samedi. Ptet bien qu’on tient enfin la solution au problème. A tous nos problèmes.. faut croire qu'finalement l'bon Dieu etait de nôtre côté ! ».
« Putain de sale gros porc de faignant ! » fut la première pensée qui traversa l’esprit endormi d’Isabelle Vandros. « Pas moyen de pioncer tranquille dans cette baraque de dingues ! ». Elle se prépara à balancer un bon coup de coude dans les côtes de son ronfleur de mari.
« Ah les petits salauds ! M’ont bien eu.. » marmonna le vieillard avec une rage contenue. Les Vandros étaient sadiques et farceurs de père en fils. Et la dernière génération était particulièrement inventive. Mais bon. Ils avaient beau être dans la veine de la famille, les nabots allaient tout de même se prendre une sacrée rouste pour celle-là de blague. Il allait se lever de nouveau, mais s’arrêta à temps. Et puis soudain, il se rendit compte que quelque chose clochait. Pas de ricanements ! « Pas bon signe ça.. ils doivent avoir un truc pire encor.. Ah putain !». Ca lui revenait maintenant.
« Ca ». Qui expliquait le silence, le froid, l’obstacle et les affreuses courbatures qu’il avait dans tout le corps. « Qu’est-ce que c’est que ce bordel, encore ? ». Et il entreprit de creuser une brèche dans le bois, déjà à moitié défoncé, de son cercueil.
« Salut gamin ! », lança Aimé à son petit-fils de 12 ans qui jouait dans le jardin devant la maison familiale.
« Pépé ? ». Le gamin arrêta un instant d’empiler ses legos et regarda le vieux d’un air ennuyé. « Qu’est-ce que tu fous encore là ?
- J’aimerais bien le savoir. », fit-il en ouvrant la porte d’entrée.
Il allait atteindre le salon, et son fauteuil chéri, quand il entendit sa belle-fille beugler « TOOOM !! Combien de fois je t’ai dit de fermer la porte derrière toi ? ». Alors il bifurqua vers la cuisine. « C’est pas Tom. », qu’il informa avec un sourire à l’acariâtre. Qui s’évanouit.
« Qu’est-ce qui lui arrive à la vieille maintenant ? ». Tom avait suivi son grand-père dans la maison. Qui haussa les épaules et tira une oreille du gamin. « Va fermer la porte toi ! Et on parle pas comme ça de sa mère, p’tit con. ». Tom s’exécuta.
« Il est où le fiston ? », demanda Aimé en repartant vers son fauteuil. La porte claqua. Tom vint s’asseoir sur la table du salon et poussa un soupir. « Papa ? Il est au boulot.
- Tiens donc. Et depuis quand il a un travail c’t’incapable ?
- Depuis que t’es mort Pépé. Les gars de l’usine ont dit qu’un Vandros en valait bien un autre, et ils l’ont embauché. Deux heures après ton enterrement même. Seulement, comme il a pas d’expérience, ils lui donnent la moitié de ton salaire..
- Ben tiens ! M’étonne pas d’ces rats. Et ça fait combien de temps, au juste, que.. euh.. que j’lui ai laissé la place ?
- Ca va faire tout juste trois semaines Pépé. »
Le silence revint squatter la maisonnée. Tom regardait Aimé, qui regardait le vide devant lui.
« Tu devrais enlever ton maquillage, Pépé, ça te va pas.. ». Mais le vieillard était absorbé dans ses réflexions « Pourquoi donc qu’il m’a fait revenir l’autre là ? C’est une vengeance pour toutes les sales blagues que j’ai fait ? Et il veut que j’en fasse quoi, moi, de mon rab’ ? C’est quoi ma mission ? J’ai forcément une mission ! On ressuscite pas les gens pour rien.. ». Puis, tout haut : « Tu devrais vérifier que ta mère respire, gamin.. on sait jamais. Faut ptet prendre une vie pour me rendre la mienne. Tu sais, ces histoires d’équilibre là.».
Les yeux de Tom s’illuminèrent un instant, mais il ne bougea pas.
« Dis donc, gamin, depuis quand t’es devenu si calme ? ». Pas de réponse.
« Salut P’pa ! ». Aimé s’étira. Craquements, douleurs.. Ils auraient pu le remettre un peu en état avant de le réintégrer. Son fils avait tiré une chaise à côté du fauteuil et le regardait avec un drôle d’air. Un peu effrayé, un peu emmerdé, surtout accablé.
« C’est quoi ton problème toi ? T’as pas l’air surpris de me voir..
- Tom m’a prévenu.. J’crois bien que tu nous as tué Isabelle, P’pa.
- Merde alors ! Remarque.. Bon débarras aussi. Comment réagissent les petits ?
- Ben, comme nous deux.
- Pourquoi tu fais cette tête alors ?
- Ben, on a encore un cadavre sur les bras avec c’t’histoire. Commence à bien faire.
- Comment ça « encore » ?
- Ben, tu sais bien.. y’a.. y’a eu le tien y’a pas longtemps.
- Ah bon ? Et pourquoi que vous l’aur.. tiens, c’est vrai ça, comment que chuis mort moi ?
- Ben..
- Arrête de dire « ben » toi, ou j’te mets une calotte ! J’demanderai à Tom de me raconter ça plus tard. Pour l’instant, on a une affaire à régler.. Tiens ! J’ai trouvé. On a un corps, on a un cercueil vide. On a qu’a les mettre ensemble ! Simple.
- Oui oui, on y avait pensé aussi avec les gosses. Mais c’est là le problème. Ta tombe..
- Qu’est-ce qu’elle a ma tombe ?
- T’es encore dedans.
- Pardon ?
- T’es encore dedans !
- Ah bah merde alors.
- Tu l’as dit.
- Mais je suis là aussi, je rêve pas ?
- Nan, tu rêves pas.
- Ben ça..
- Ouaip.
- Allons voir !
- J’te conseille pas, P’pa..
- Ah ?
- T’es.. ‘fin tu vois, non ?
- Non.
- Be.. euh. Ca fait trois semaines que t’étais là-dedans, P’pa.
- Et alors ?
- Ben, t’as été un peu.. comme qui dirait becté.
- Merde alors. Et là, j’suis comme qui dirait becté ?
- Nan, P’pa.
- J’suis un fantôme alors ?
- T’as pas l’air P’pa.
- Depuis quand t’es sympa comme ça toi ? Sympa benêt, mais sympa quand même..
- ...
- Il est où Tom ?
- Avec Fred. Au cimetière.
- Qu’est-ce qu’ils foutent là-bas ?
- Ils te sortent de ton cercueil, P’pa.
- Ah ?
- Pour y mettre Isabelle.
- C’est quoi c’t’idée de plouc encore ? Ils vont en faire quoi du moi en trop ?
- On pensait que tu saurais..
- Comment je saurais ça moi ? J’ai jamais tué personne !
- Y’a Isabelle maintenant.. mais c’est surtout que c’est ton corps quoi.
- Mmm. Ouais. Ben ils ont qu’à le brûler. Cette nuit, on emmène les deux corps à l’usine, on calcine tout, et on rentre !
- Bonne idée ça ! Mais pourquoi on brûlerait Isabelle aussi ?
- Pourquoi pas ?
- C’est qu’on aura un beau cercueil vide sur les bras après..
- Z’avez qu’à le ré-enterrer.
- Avec rien dedans, ce serait dommage.
- Mouais. Bah, on trouvera bien. ... qu’est-ce qu'y'a encore ?
- T’as pas peur de brûler ton propre corps ?
- Pourquoi donc que ça me ferait peur ?
- Ca pourrait te faire disparaître..
- Hin ! Quelle connerie. »
Sur quoi, il alla se préparer un sandwich. Enfin, il voulut, mais la vision du cadavre violacé de sa belle-fille lui coupa l’appétit.
« Dis donc, on dirait qu’elle a étouffé la bru ! Vous comptez la laisser là longtemps ?
- Jusqu’à ce soir, P’pa. On savait pas bien quoi en faire..
- Z’auriez pu la mettre ailleurs quand même.
- Tom a proposé de la foutre aux chiottes, mais Fred a fait remarquer que c’était un endroit où on aimait être à l’aise alo.. »
Fred fit joyeusement irruption dans la pièce avant qu’Aimé ait pu interrompre son fils.
« Salut Pépé ! Alors comme ça, on revient faire un petit coucou ?
- Faut croire..
- Bon. Cette fois, je pense que ça va marcher !
- « Cette fois » ? De quoi tu parles ?
- De t’envoyer en enfer tiens.
- Parce que t’essayes souvent ?
- J’commence à m’habituer ouais. Mais cette fois, y’a du nouveau !
- Ah ouais ?
- Ben ouais ! Y’a maman en plus tiens. On aurait du y penser plus tôt. » ajouta-t-il vers son père.
Aimé jeta un coup d’œil vers son fils.
« C’est quoi son problème au pubère là ?
- Fais pas gaffe. » fit Denis en foutant une taloche à Fred. Qui l’évita et s’éloigna en se marrant. « Il s’est passé pas mal de choses aujourd’hui, on est tous un peu sur les nerfs. ».
Aimé acquiesça vaguement et se recala dans son fauteuil. Fred, qui avait disparu dans la cuisine, retraversa la pièce avec sa mère sur le dos.
« Qu’est-ce tu fais, gamin ?
- J’vais la mettre à ta place Pépé, tiens. Si ça te convient, bien sûr.
- Nan, on va la brûler avec moi, ce sera plus simple. »
Fred s’arrêta et interrogea son père du regard. Qui se contenta d’hocher la tête. Puis de lui faire signe de continuer.
« Bon, ok. J’vais juste la déposer dans le camion alors. »
Aimé regarda son petit-fils sortir de la pièce puis de la maison.
« Pourquoi il prend les pelles ce dégénéré ?
- Sûrement qu’il va les ranger. » répliqua tranquillement Denis.
Le vieux grogna et reporta son regard sur son fils. Qui avait un flingue dans les pattes.
« Qu’est-ce tu fous avec ça toi ? », grinça Aimé. Il avait jamais eu d’armes à la maison. Pourtant, la scène lui rappelait vaguement quelque chose. Denis ignora la question.
« Ouvre ton gilet, P’pa.
- Qu’est-ce tu racontes, sale goss..
- OUVRE TON GILET !!! ».
Aimé obéit. Non pas que son incapable de rejeton lui fasse peur, mais il avait l’obscur sentiment qu’il avait effectivement intérêt à le faire. Puis il fut torse nu. Et dans le geste qu’il fit à son fils pour lui signifier « Ca y est, t’es content ? », il aperçut du coin de l’œil un détail inhabituel.
« Qu’est-ce que c’est que ces trois cicatrices là ? ». Proches les unes des autres, trois marques de la taille d’une pièce de cinquante centimes au niveau du cœur. Il leva la tête et vit le canon de l’arme pointé vers lui.
« Alors c’est comme ça que chuis mort ? Trois balles dans le cœur..
- Une seule a suffi P’pa. J’allais pas gâcher trois balles pour un vieux con comme toi ! Ca coûte pépette les munitions..
- Alors pourquoi que..
- Cette fois, je pensais changer de méthode, vu l’efficacité de celle-là. Mais t’avais pas rencontré Isabelle les deux autres fois. Elle est à l’atelier couture normalement le samedi. Ptet bien qu’on tient enfin la solution au problème. A tous nos problèmes.. faut croire qu'finalement l'bon Dieu etait de nôtre côté ! ».
« Putain de sale gros porc de faignant ! » fut la première pensée qui traversa l’esprit endormi d’Isabelle Vandros. « Pas moyen de pioncer tranquille dans cette baraque de dingues ! ». Elle se prépara à balancer un bon coup de coude dans les côtes de son ronfleur de mari.
5 Comments:
j'aime bien, ptèt un peu macabre avec isabelle mais j'aime bien.
mais combien de temps cela va-t-il durer ? ^^
Ca va pcq c'est dimanche soir mais faut s'accrocher pour comprendre..
Ou c'est ptetre le support ordi qui freine ma comprehension.
Il y a de l'oedipe là-dedans mais il y a aussi les fils contents de voir leur mère morte...Tu préfères tuer ta mère ou ton père mon adorable Gasp?
Quand m'identifie a mes personnages, personne aime c'que j'ecris ^^ ni comprend d'ailleurs.
Alors j'ai arrete !
Veux tuer ni mon pere ni ma mere moi.
au fait, j'en ai deja corrige qques unes, et je crois que c'est bon. Mais c'est possible que quelques repliques soient sur la meme ligne. C'est du au transfert de word sur le logiciel de lecture de l'ordi qui vire tous les
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Alors jdois tout refaire a la main et j'en oublie.
Donc si y'a un truc qui cloche, vous avez juste a verifier si dans la phrase bizarre ya pas un espace qui manque. Si oui, il faut sauter a la ligne-tiret au niveau de l'espace manquant !
Bisou a tous !
Moi, j'ai rien compris...
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