Thursday, November 09, 2006

Une place.

Vie de merde ! Arrivé à l’extrémité Nord de la place Chimera, Frederic se risqua à jeter un coup d’œil derrière son épaule. Quelques instants auparavant, il avait été arraché à ses sombres pensées par les hurlements d’une fillette, et s’était retourné juste à temps pour voir une furie se ruer sur lui. Il avait d’abord reculé d’un pas ou deux, mais voyant qu’elle le poursuivait bel et bien, et ne se sentant pas de taille à affronter, même incarnée dans ce frêle corps de gamine, tant d’énergie, il avait fait demi-tour et s’était enfui à toute jambe. La jeune fille, car elle était en fait plus âgée qu’il ne lui avait semblé de prime abord, s’était arrêtée à une dizaine de mètres de lui, et ne semblait plus faire attention à lui. L’air radieux, elle sautillait joyeusement et hochait la tête de temps en temps, comme pour saluer des gens qu’elle seule pouvait voir.

« Tarée ! », marmonna-t-il en replaçant son nœud de cravate. Puis il passa une main moite dans ses cheveux. Malin ça ! Voilà qu’il était tout débraillé. « D’entre tous les jours », jura-t-il encore. Puis il repartit à grand pas vers son travail, et le siège central de Omega. S’il cumulait retard à son aspect, il perdrait trois niveaux au moins. Alors qu’il était sur le point d’en gagner un de plus. Fait ch..



Il s’arrêta. Se retourna, et regarda avec plus d’attention vers le centre de la place. Pas de doute ! Elle était encore là. Il jeta un regard circulaire aux alentours. A part eux deux, la place était déserte. Pas étonnant, à cette heure-ci. Il vérifia. Minuit et quart. Quelle journée ! Finalement, il était arrivé avec cinq minutes d’avance, et avais pu réajuster sa tenue comme il fallait. L’entretien s’était passé à merveille. Si bien qu’il avait reçu sa nouvelle tâche avant midi. Tâche dans laquelle il s’était absorbé jusqu’à une heure déraisonnable. Sa nouvelle secrétaire l’avait supplié de bien vouloir rentrer chez lui, afin qu’elle puisse elle-même éteindre les lumières et retrouver son foyer.

En se levant de son bureau, il avait ressenti d’un coup toute la fatigue de cette longue journée lui tomber dessus. Et il n’avait plus eu qu’une idée en tête.
Rentrer, réchauffer un peu de soupe et dormir ce qu’il pourrait. 4 ou 5 heures maximum. Avant d’y retourner. Etrangement, après l’enthousiasme de cet après-midi, il était déprimé à cette idée. Nom de Dieu, mais il fait moins de zéro ! Et elle est à peine couverte.. Il fit un pas vers la jeune fille. Elle ne bougeait pas, recroquevillée sur elle-même. Petite boule de tissu fin et de cheveux noirs. Peut-être qu’elle est morte.. pensa-t-il, il regretta aussitôt cette pensée. Mais il ne put s’empêcher de s’imaginer avec une morte sur les bras. « Ah ! Ce qu’il lui arrive, à cette malade, je m’en balance ». Il se le répéta, la mort dans l’âme, sur tout le chemin de retour.



Et le lendemain matin, lorsqu’il atteint la place, il trottait. Une irrépressible envie. Inexplicable, inavouable surtout. La fille était là. Prostrée encore. Mais elle avait bougé. De pas beaucoup, non. Accroupie, elle oscillait légèrement d’avant en arrière, un grand sourire aux lèvres. Frederic marcha droit sur elle. Stoppa sa marche à quelques pas d’elle et s’agenouilla. « Mademoiselle, vous allez bien ? ». Elle ne répondit pas, ne réagit pas même. Son regard se perdait dans le vide à quelques centimètres des chaussures du jeune homme.

Après une deuxième tentative pour attirer l’attention de la fille, Frederic décida qu’il ne serait pas, étant donné les circonstances, inconvenant d’aller l’aider à se relever. La couvrir de son manteau, peut-être lui offrir une soupe. Elle avait l’air tellement perdue, et cependant.. tellement heureuse à la fois. Sans comprendre pourquoi, il en suffoquait. Il se remit debout donc, mais à peine avait-il fait un pas qu’elle se jeta sur lui, bras tendus en avant. Le plat de ses petites mains vint le frapper en pleine poitrine. Avec une puissance insoupçonnable venant d’une si mince silhouette. Et il fut forcé, sous la force de l’impact, de reculer de quelques pas.

Frederic mit une petite minute à récupérer son souffle, et quand il se redressa, la fille le regardait droit dans les yeux. Sa colère retomba instantanément. Elle était visiblement terrifiée. « N’entrez pas, n’entrez pas », murmurait-elle, « Il vous tuerait s’Il l’apprenait ! Lui seul peut entrer. Lui seul. N’entrez pas s’il vous plait. ». Il voulut dire quelque chose, la rassurer, l’interroger. Mais elle était repartie. Ses yeux s’étaient éteints de nouveau. Et il allait être en retard au bureau. Pour de bon cette fois. Un dernier regard vers la prisonnière, et il s’éloigna à contrecœur. Elle s’était remise à sourire.



Il avait laissé sa secrétaire partir plus tôt, avait éteint l’étage lui-même. Il courait déjà. Il y avait pensé toute la journée. De qui parlait-elle ? Et entrer où ? Elle était seule au milieu d’une place ! Pourquoi souriait-elle comme ça ? Personne ne semblait l’avoir remarquée à part lui. Mais peut-être se trompait-il, peut-être un homme la surveillait de loin et la punissait quand quelqu’un l’approchait. Il sentait une rage impuissante l’envahir. Un sadique ? Dont elle était amoureuse, et qui lui faisait faire des choses terribles ? Il accéléra encore.

Il la retrouva là où il l’avait laissée. Elle faisait quelques petits pas de danse, mais elle chancelait. Il lui avait amené des petits pains chauds qu’il était allé chercher à la boulangerie chic, hors de prix, du coin de la rue. Il s’approcha avec précaution, guettant le moment où la fille allait réagir. Un pas, un de plus, pied gauche, droit, gau.. ça y est ! Un taureau fou ! Mais il eut le temps de réagir cette fois. Il se contenta d’enlever son pied de la dalle où il l’avait posé. Et la fille se calma. Elle le regarda, hébétée, effrayée toujours. Il lui sourit et tendit le paquet contenant les petits pains. « Prenez-en, vous allez mourir de froid ! ». Il secoua le paquet avec un mouvement de tête encourageant. « Ca me fait plaisir, ne soyez pas têtue ». Elle sembla hésiter, tendit une main tremblante. Et elle semblait sur le point de le prendre lorsqu’elle sursauta ! « ah ! Il arrive ! Partez vite, il ne vous a pas encore vu ! ». Alarmé, Frederic regarda autour de lui. Rien. La jeune fille jetait des regards apeurés dans toutes les directions. « Il n’y a personne, vous le voyez bien ! Calmez vous, prenez un gat.. », il avait avancé encore le paquet vers la jeune fille, et celle-ci, d’un revers de main l’avait envoyé valser dans les airs. Les gâteaux se séparèrent du sac, planèrent un instant et allèrent s’écraser dans la gadoue. Fasciné par la scène, Frederic ne vit pas tout de suite la fureur qui se dégageait à présent de la fille : « J’en veux pas de votre truc ! Vous voulez donc crever ? », cria-t-elle, « Puisque je vous dis qu’il vous tuera ! », puis elle se radoucit, tout aussi brusquement. « Vous comprenez, n’est ce pas ? Je ne veux pas qu’il vous fasse du mal. Et cessez donc de vous inquiéter pour moi. Je suis très bien ici ! Je n’ai pas à me plaindre, oh non. Il fait bien plus froid dehors ! Allez, partez donc, il est là, partez ! ». Et il se laissa convaincre.



Il passa le week-end à l’espionner. Debout derrière une colonne, il la vit se traîner gaiement, sourire à des ombres et se jeter sur tous les passants qui s’approchaient de trop près de sa cellule. Quelle férocité elle dégageait alors ! Mais entre, c’était de pire en pire. Elle avait à peine la force de tenir debout. Et dimanche après-midi, après avoir repoussé un couple de gamins occupés à se rouler la plus longue, elle s’écroula totalement. Frederic n’y tint plus. Merde à la fin ! Personne ne la surveillait à part lui ! Il fallait en finir, sinon elle en mourrait. Voilà plus de trois jours qu’elle n’avait pas mangé. C’était déjà un miracle qu’elle respire encore avec le froid qu’il faisait.

Il se dirigea droit sur elle, rassembla son énergie et pénétra dans la cellule. La fille réagit immédiatement, malgré son épuisement. Elle se releva d’un bond et sauta sur lui. Mais cette fois, il était prêt. Il reçut l’assaut, et ne bougea pas. Elle. Elle sembla s’évanouir sur le coup, et se laissa aller dans ses bras. Un souffle, puis elle rouvrit les yeux. « Vous êtes fou, monsieur. De vous mettre en danger, ainsi, pour rien. ». Il sourit. « Il faut que vous mangiez mademoiselle, et que vous vous réchauffiez. Ne vous inquiétez pas pour moi, Il ne viendra pas tout de suite.
- Mais de quoi parlez vous ? Je mange tout à fait à ma faim ! Et il fait un soleil d’enfer..
- Non, il fait très froid, et vous allez mourir si vous ne changez pas de conduite. »La fille voulut protester de nouveau, mais la force sembla lui manquer. « .. Vous.. vous avez peut-être raison après tout. Je.. je crois que je vais vous faire confiance Monsieur. Aidez moi à me mettre debout. ».



Frederic l’aida et la contempla avec plaisir s’éloigner de quelques pas. Puis il regarda autour de lui et son sourire s’agrandit encore. Quel joli petit endroit !

8 Comments:

Anonymous Anonymous said...

lu
toujours aussi bien ton blog.Mais dit moi, à quel heure tu te couche en moyenne

Tom Nyssen The Best

12:52 AM  
Anonymous Anonymous said...

Et cool ce blog
Mais je te connais pas.
PS:(à tatache)pirates des caraibbes 3 sort en mai 2007
PDC

12:57 AM  
Anonymous Anonymous said...

et la suite alors ? ^^

Hey, je refuse de continuer à lire ton blog si tu persistes à mettre des photos prises ailleurs que durant ce voyage en asie ! à bon entendeur...
^^ bisou !

5:32 AM  
Blogger The Gasp said...

euh.. malheureusement les amis, l'histoire est belle et bien finie.

en moyenne je me couche a 21h mdr mais hier jai fait une exception parce que je voulais finir ma nouvelle. donc 23h !
et me leve entre 6h30 et 8h ! Pas vraiment de mon fait, mais les routiers qui partagent ma chambre se levent tres tot..

ps a tatach et PDC qui ne me connait pas {et qui est le bienvenu bien sur ^^} lol, je parlais de toute facon du Dead man's Chest, ie celui qui est deja sorti, et je parlais de la sortie dvd ^^

et tous la, Tom the best, Nyotte, Arthur, Karen, envoyez moi des news de temps en temps ! sur les nains par exemple, ou sur anything !

9:23 AM  
Anonymous Anonymous said...

Hello, j'étais toute réjouie que tu aies un admirateur inconnu, ce qui te change de tes fans habituels ! C'est vrai qu'on aimerait voir de nouvelles photos in situ. L'idée de Tonthon de la "photo du jour" est géniale. Ca nous permettrait de te suivre encore mieux : "lever au chant du coq avec les routiers", etc. Penses-y.
Froid de canard à Paris, mais grand soleil. On commence à préparer Noël (et si, ça va arriver vite) et j'aimerais l'organiser chez moi (je fais passer le message !) ; tu as un copain qui te rejoint à Noël je crois ?
Je suis pas au niveau avec Pirates des Caraïbes. J'en étais presque à organiser une virée en Asie pour aller voir le volet 3 ... j'aurais eu l'air maline moi, en arrivant là-bas, après 13h d'avion !!
Bisous

5:20 PM  
Anonymous Anonymous said...

Mon Gasp, je ne t'écris pas beaucoup car je me sens totalement hors du monde qui semble être de plus en plus le tien ! A moi, les photos du Japon, le nom des endroits où tu es, etc. Contrairement à Tata'ch, je ne suis pas entièrement rassurée de ce monde virtuel, le vrai est déjà suffisamment compliqué et dangereux. Pense aux monastères. Je t'embrasse très manouellement. Fais attention à toi.

5:59 PM  
Anonymous Anonymous said...

Mdr ^^ Comment ça c'est fini ? Pas possible ! Oo?

6:00 PM  
Blogger The Gasp said...

ben si, c'est fini. le titre t'aidera peut etre a comprendre ma fin, si elle n'est pas comprehensible d'elle meme ^^

en fait, j'ai imagine cette histoire juste apres Le second coup du zephyr, mais toute mon energie creatrice avait ete vampirise par Zephyr, du coup je l'ai laissee au stade embryonnaire. Elle devait etre bien bien plus longue, bien plus detaillee. Mais bon, comme c'etait un truc avorte de toute facon, j'ai essaye de la faire courte. Vu le succes des trucs a plusieurs chapitres lol

Mais du coup, ptet que l'idee passe pas parfaitement..

Manou, t'inquiete pas, je gere tres bien mes frontieres ^^ suis pas et je deviendrai pas fou. me contente de rever.

7:40 PM  

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