Tuesday, December 12, 2006

Pays acceuillant, pour sur !

Eh ben ! Sont vraiment trop sympas ces japonais !!
Trop cool ce pays haha

Me le suis dit deux fois aujourd’hui. Deux fois BOW ! Une petite, et une grosse, en fait.

Pas de problèmes jusqu’à 15h30. Marche jusqu’à la station Kodomo no kuni, descente du bus à Tottori Eki. RER local jusqu’à Yonago. Attente du bus pour Daisen.



15h30, suis dans le bus en question. Devant, le gang des vieilles.

Reconnaissables à leur bob. Ici, tous les vieux. C’est incroyable ce qu’ils sont nombreux. En fait, quand on sort des cimetières ou des dunes entre 9h et 15h30 (heure de sortie des cours), dans les rues, y’a que ça, des vieux. Et donc, ici, tous les vieux, homme ou femme, ont un bob. Les vieux normaux ont un bob uni de couleur terne. Bleu terne, vert terne, rose terne, marron terne. Les originaux ont de la couleur vive ! Rouge vif, jaune vif, bleu vif parfois.. Les rebelles ont un bob multicolore. Eux, vaut mieux pas croiser leur regard. Moi, j’ai une idée pour régler le problème du vieillissement de la population japonaise. Mieux ! J’en ai deux. Le premier : supprimer les bobs. Alors les crânes seront à découvert, et ils clamseront tous d’une insolation (j’vois pas pourquoi ils en auraient sinon). Le second, moins cruel, consisterait à demander aux marchands de bobs de contribuer au financement de la retraite nationale. J’aimerais bien les voir refuser tiens ! Pof ! Le lendemain, plus un seul client.

15h30 toujours. Devant, le gang des vieilles. Chaque membre du groupe se retourne à intervalle régulier pour me jeter un coup d’œil et me faire un grand sourire. Car entre elles, devant, et moi, derrière (prenions six places, mes sacs et moi !). Personne.

15h30 donc. Arrêt à la station Truc. Entre un vieux. Longue barbe blanche, un peu stylé sage chinois, courbé comme tout vieux japonais qui se respecte, habillé tout en bleu. Me fais lui aussi un immense sourire, avec l’habituelle petite courbette « salut ! ». Je courbe aussi. Je crois avoir entendu quelque part que pour être poli, il fallait courber plus bas, ou aussi bas que celui qui te salue. Dans les vraies présentations, hein ! Mais.. imaginez. Un japonais. 1m65. Né en 32. 1m50 (c’est bien connu que l’humanité grandit). Vieux, donc courbé ! 1m30, voire 1m20. Et qui salue ! 1m ? Non.. plutôt 90cm !!!
Ouais. Il faudrait que je mette ma tête à mes genoux environ toutes les vingt secondes dans ce pays. Remarque, ça assouplit.. mais j’ai aussi peur que ça finisse par me courber moi aussi ! Vindieu. Alors tant pis pour la politesse, moi je hoche. Et pour pas distendre ma belle peau, je ne souris pas en retour à leurs risettes, j’esquisse un léger lever de lèvre droite et éclaire vaguement mon regard. Non mais ! J’compte bien être un beau vieillard moi, un de ces quatre. M’auront pas. Parce que j’ai bien vu le petit jeu de ces nabots fripés : ils essayent de me former pour que je sois leur chef !!

Je refuse.

Enfin..

15h32. BORDEL !!! Ce vieux là, le sage chinois ! IL A PAS DE BOB !!!!!!! Et pourquoi ne se retourne-t-il jamais pour regarder que je suis encore capable de répondre à ses sourires lui ? Oh ! Le Mont Daisen ! Sympaaaaa.. Hein ? Non, j’ai jamais su. Il s’est éjecté du bus à 15h57. Un mystère qu’on n’éclairera sans doute jamais. Qui était-ce ? Leur boss actuel, peut-être. Venu voir son prédécesseur.. Un salut lui a suffi. C’était pas un vieux comme les autres. Ca, je le jurerais. Mais super sympa comme tous les autres. Ils ont tous l’air étonnés de me voir là, mais z’en ont aussi tous l’air ravis ! J’arrive pas à savoir si je dois ou pas mettre des s à ces deux composés.. plus ça va, moins j’arrive à me souvenir de ces trucs. Et le fait de pas pratiquer le français quotidiennement arrange rien. Chaque jour, je perds un peu de ma superbe réthorique..


A 15h45, il n’y avait plus que moi et le chauffeur dans le bus.. inquiétant, que je songeais. Un petit démon me disait « Ca pourrait te mettre la puce à l’oreille ! ». Parfaitement inutile. Le démon. Parce que je l’avais bel et bien à l’oreille la pupuce HA ! Alors, pendant que le chauffeur faisait un demi-tour (oui. N’ayant presque jamais pris de bus en France, je sais pas si c’est bizarre, mais ici, les bus arrêtent pas de passer par des cul-de-sacs vides.. comme s’ils étaient obligés de passer par des check points), je l’ai rejoint discrètement. En me cachant derrière les sièges (technique Un, Deux, Trois, Soleil). Et BOUH !! « Daisen Youth Hostel ? » que je dis avec un faux accent japonais (marrant ça, ils me comprennent mieux quand je parle anglais avec ce qui me semble être une mauvaise imitation du leur d’anglais.. genre quand ils me demandent d’où je viens, si je dis France, ou France [english] ou French. Pigent kedal. Faut dire Fouransou rapidement. F’r’nsou !). Donc ! Je lui demande s’il y va bien. Il opine farouchement. Tout va bieeeeeeeeeeen !

16h05. Arrivée. Tout est magnifique, je veux plus partir. Hoooop ! Harigatoooooo Chauffeur. Trois vraies courbettes (l’était sympa !), et je cours à l’office du tourisme. Qui m’apprend (non parlare engliche) que pas de Youth Hostel. Comment ça ? Il est sur mon guide ET sur ma carte des Youth Hostel.. pas possible qu’il existe pas. Alors j’insiste. Finissent par sortir de nulle part un « culosedu ! ». FERME ?? Merde alors. J’aurais oublié de regarder les dates de fermeture sur le guide ? Etrange qu’un hôtel de quasi station de ski soit fermé en Decembre quand même. Vérification faite, le guide n’indique aucune date de fermeture.. Ca doit être en réparation.

Bref ! « Hotelo ?» que je demande, vaguement anxieux. Secouage de tête. A pas. C’est quoi ce délire ? Y’a pas un seul foutu hôtel d’ouvert dans toute cette foutue ville ? Non, qu’on me répond. Ahurissement. Je mime le dodo. Plus de secouage de tête. Bon. Ben j’repars alors hein. Merci quand même.. Fallais bien que ça arrive un jour, me dis-je en retournant vers la station de bus (à trois pas). Heureusement, à Yonago, j’suis sur de trouver un pieu (150 000 habitants, ce serait malheureux..). Ben tiens ! Mon bus est pas encore reparti ! Cool ^^ j’aimais bien l’conducteur. J’le vois en train de se dégourdir les jambes à côté. L’avais enlevé sa casquette. Pas un tif. On aurait dit Boule dans Fort Boyard. J’l’aimais encore plus hey ! Signe de tête. Signe de tête.

Je remonte dans le bus ^^. Je pose mes affaires. Entends un bruit. Boule me court après. Merde, il repart pas en fait ? Hop. Le voila. L’air interloqué. Tu m’étonnes ^^. Je vous fais la suite comme si j’avais compris ce qu’il me disait (ainsi que les autres protagonistes), et comme s’il me comprenait aussi pour alléger l’histoire. Mais gardez en tête que personne ne comprend rien à rien tout du long, ya ?
« Ben, qu’est-ce qui se passe, mon garcon ? Ca te plait pas ?
- Ah ben si, c’est super comme endroit, mais y’a pas d’hotel.
- Tu vas pas au Youth Hostel ?
- Y’en a pas.
- Ben si, il est juste là !
- Ah bon ? Il doit être fermé alors. J’peux dormir nulle part, y’a pas de lit pour moi ici, fieux. * sourire résigné * Allez, allons-y, j’veux pas te mettre en retard sur l’planning (sont toujours très à l’heure leur bus !).
- Attends attends, c’est quoi ces conneries ? Y’en a plein des hotels ici. T’es allé à l’office du tourisme ?
- Ouaip. M’ont dit que tout était fermé.
- L’office était fermé ?
- Ouaip, tout est fermé. (je crois qu’on s’est non compris de la sorte ^^)
- Bon. On va aller voir le Ranger (ai pas d’autre mot pour ce truc) du coin alors.
- T’es.. t’es sur ? Et ton taf, mec ? C’est pas grave, hein, j’vais dodo à Yonag..
- Rien à foutre du taf ! T’es venu exprès de Paris pour voir le Daisen Ji, on va pas te laisser repartir comme ça, non mais. Parole de Boule ! »

Et nous voilà partis tous les deux chez le Ranger. Au grand détriment d’un nouveau gang de vieilles attendant dans le bus.

« Hey Ranger !
- Kekya Boule ?
- Le p’tit jeunot d’parigot, là, il vient d’être chassé de ta ville ! Comment t’expliques ça toi ?
- Heing ?
- Parfaitement ! L’office est fermée, et il repart la queue entre les pattes ! Non mais t’as vu le nombre de machin qu’il a sur le dos.. c’est pas humain de lui faire ça. Prends tes responsabilité !
- Heing ? Mais l’est pas fermég pour ung sou l’office, d’diou.
- Ah ouaiiis ?? T’essayerais pas d’m’entourlouper par hasard ?
- Heing ?
- Bon, on y va tous ensemble !
- Maig.. et ton busg ? et mong bure..
- Rien à foutre du taf ! Le jeunot, il vient exprès de Paris pour voir le Daisen Ji ! PARIS !! La capitale du parfum, mec !
- HEING ? Maig fallaig l’dire plus tog ! On y va ! »

Salutations entre Ranger et Gasp. Quelques « Harigato » gasparesques. Et nous voilà partis tous les trois pour l’office du tourisme. Au grand détriment d’un nouveau gang de vieilles attendant l’aide du Ranger.

« Dites donc, bande de malappris ! Depuis quand vous dites aux blancs-becs que vous êtes fermés vous ? Hop hop ! Explications !
- N’a jamais rien fait de tel, mon bon monsieur Boule.
- Ah ouais ? Ben alors dites-lui où qu’il est ce foutu Youth Hostel !
- Il est fermé.
- Ah.
- Ouaip. »

Tous se tournent vers moi.

« Ok pour le Youth Hostel. Mais y’a pas d’autres hôtels ?
- Le Youth Hostel est F-E-R-M-E.
- OOOKKK. Bon, ils vont jamais piger. Regardez tous. Cette main là, c’est le Youth Hostel, d’ac ?
- D’ac !
- Heing ?
- Alors cette main là, on l’oublie. No Youth Hostel. Maintenant regardez, il y a une autre main qui surgit !! Et elle s’appelle « Hotelo » aussi ! Alors, elle existe celle là ?
- … »

Et là, Boule intervient.

« Mais, bougres d’arriérés mentaux, il vous demande s’il y a pas un autre hôtel !! Vous êtes tous consanguins dans cette foutue ville ou quoi ? Pas vrai que tu demandes ça ?
- Ouaip. * fier *
- Eh bien ouiii.. nous avons quelques ryokans. Mais. Combien pouvez vous mettre dans une nuit ?
- Trois, quatre.. cinq mille tout au plus, si c’est juste pour une nuit (20 à 35 euros). »

L’employé étouffe un petit ricanement dédaigneux.

« Mais, mon bon, il vous faut au moins 10 000 yens pour espérer pouvoir poser une fesse sur un tatami Daisen-ite !
- Boule ?
- Ouais ?
- Ranger ?
- Heing ?
- On se tire ! »

Sur le chemin du retour.

« Quand même, il a avoir l’air de pas trop s’en faire, il me fait de la peine le petiot..
- Beng vrai ça.
- On peut vraiment rien faire ?
- Heing ?
- Tu peux pas demander une ristourne quelque part ? Un ryokan que tu connais, je sais pas. A cette période, doivent être vides les hôtels, ils ont aucune raison de cracher sur 5000 yens..
- Pas faug, tieng. Vais voir c’que j’po fairg ! Dis lui d’attendre lag.
- Vais attendre avec lui.
- Et ton t.. bong.. ok. Me dépècheg. »

Et, nom de Dieu, ils me l’ont trouvé ce ryokan en solde ! Un bain gigantesque (au moins le triple du plus grand que j’avais vu jusqu’ici), une bouffe monstrueuse (ai plus mangé ce soir que toute la semaine dernière ^^), une chambre propre et spacieuse, une vieille patronne super sympa. 5000 yens, avec deux repas ! Me coûte moins cher qu’un Youth Hostel ^^
J’suis à deux pas du Daisen Ji (mega temple de la ville), et à deux mètres du début du sentier qui monte au volcan (avais oublié de vous dire. Le Mont Daisen, c’est un volcan ^^ 6h pour la ballade). La ville est délicieuse. Les maisons qui sont pas japan style sont des chalets exquis. Les rues sont pavés et lisses. Calmes. Y’a de la neige. Il fait beau..

Ranger m’a même amené en voiture jusqu’à l’auberge (au désespoir de la mafia nipponne) !
Les adieux avec Boule ont été déchirants.. j’espère retomber sur lui au retour !

Bref. Le premier imprévu du voyage a été bouffé tout cru par le deuxième ^^ et par l’incroyable gentillesse de ces bonhommes. Et par l’esprit rebelle de Boule et Ranger !

Alors si vous croisez des japonais devant la statue de Louis XV (j’crois bien que c’est lui, non ?) qui vous demandent où se trouvent la place des Vosges, pensez à moi, et soyez cool !

Les français ont une dette envers les japonais maintenant !

Le livre que je relis « The Man in the High Castle », de Dick, décris un monde où ce sont les allemands et les japonais qui ont gagné la seconde. Alors j’y pense, à la guerre, de temps en temps. Me souviens plus comment les japonais se sont retrouvés alliés aux nazis. Et vraiment, j’arrive pas du tout, mais pas du tout du tout à imaginer ces petits gars polis et courbés et souriants et ouverts et volontaires et tout et tout s’ballader à côté d’ « Heil Hitler »-iens.. Ca m’dépasse..

Enfin bon. Vive ceux d’aujourd’hui en tout cas !


3 Comments:

Anonymous Anonymous said...

mdr,lol,quelle aventure!mais t'as pu rester qu'une nuit?
Je rentre du staff en vélo,mimi m'a piqué la rav pour un we en amoureux avec nico! Pauvre rav,un autre blaireau m'a désaxé mon reste de pare buffle qui est à l'horizontale et des flics m'ont arrété à minuit de retour du ciné avec ta cousine Delphine et m'ont fait jurer de le faire retirer ds les plus brefs délais...Rv mardi pour cette soustraction déchirante!

7:43 AM  
Blogger The Gasp said...

Ah nan ! Faut faire une petition pour garderle pare buffle !

11:39 AM  
Anonymous Anonymous said...

Une semaine d'absence mais je m'y remets enfin !! Et avec quel plaisir ... Promis, je vais même aller à la rencontre de tous les japonais perdus dans Paris (remarque je le fais déjà souvent, sais pas pourquoi, s'adressent souvent à moi !)Mais maintenant, ce sera avec encore plus de coeur. Bisous.
PS : Manou aussi porte souvent un bob ... pour le soleil en été, pour le froid en hiver (je les ai jetés discrètement les deux jours que j'ai passés à faire du rangement chez elle, aurais peut-être pas dû ??!!) Mais trouve pas ça très grâcieux. Cela dit, les rides de sourire sont de très belles rides, pleines de charme ... alors souris ! A fond

4:03 AM  

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