Friday, November 03, 2006

Communion et Tao

Je revenais du Coin Laundry, mon premier depuis que je suis arrivé. Coin Laundry où, pour occuper mes cinquante minutes d’attente, j’avais d’abord imité Onizuka quelques minutes, avant de lire une nouvelle de Dick époustouflante (des vaisseaux fête foraine extra-terrestres montent la plus grande arnaque jamais imaginée.. du pur génie, comme à son habitude.), puis de rester une bonne quinzaine de minutes en intense communion avec un jeune japonais devant le sèche-linge. C’est vrai, on a pas échangé un mot, mais j’ai senti que si on avait passé le collège ensemble, on se serait bien marrés ! Ca m’a mis de bonne humeur.


Et puis, habillé tout en chaud.. Oui, ai pas pu résister. Quand j’ai senti toutes ces affaires douces et douillettes, mon cœur n’a fait qu’un tour ! Ai enlevé les fringues qui me restaient, et m’suis recouvert d’oripeaux couettes chauffés. Donc, habillé de braises amicales, suis revenu à l’hôtel en sifflotant gaiement.

En fait d’hôtel, on est dans un ryokan. Enfin ! Le Ryokan, LE. On abandonne les chaussures à l’entrée, on a pas le droit d’aller dans les salles communes si on est pas en yukata kimono, on a une p’tite vieille geisha pour nous servir (c’est elle qui m’a amené jusqu’au Coin Laundry. C’est effrayant à quel point leur pas sont minuscules..). Le dîner durera 2h. Ils nous ont prévenus haha

Bref, j’arrive. Un vieux minus accourt en m’entendant me déchausser « Haï haï haï » qu’il dit. Il panique un peu en voyant que je mets moi-même mes chaussons (avec mes chaussettes chaufferettes !), mais finit par s’en remettre. Puis il me tend mes clés, et m’invite à passer devant. Go. M’engouffre dans le couloir de nain et arrive, plié en deux, devant la porte. Ah.. j’tiens la clé dans le mauvais sens. Je la retourne, et m’apprête à l’introduire quand le vieux crie « ».. euh.. aucune idée de ce qu’il a crié, mais me suis retourné pareil.

Lui, il se tenait debout dans le couloir, alors il peut faire une courbette. S’en prive pas le bougre. Et au bout de la quatrième, je pige qu’il veut la clé. J’suppose qu’il a pris ma rectification d’orientation pour une hésitation, et qu’il veut m’éviter une humiliation.. Bon. Superflu, mais vais pas le vexer le bonhomme. S’il veut me sauver, grand bien lui fasse. Alors je m’efface et lui donne la clé.

Le mec tremble un peu, et s’approche de la porte. Comme j’avais été évincé au bout d’un unique demi-tour, j’observais le mec pour voir avec quelle maestria il allait en venir à bout d’la serrure. Par curiosité quoi. Avouez, ça promettait du spectacle. Mais avant même qu’il atteigne la serrure, je remarque, grâce à mes nouveaux yeux rapacéens, que le vieux maître a, lui aussi, pris la clé dans le mauvais sens. J’esquisse un geste pour le prévenir, puis me ravise. Laissons le faire et mimons le sifflement « j’regarde ailleurs », tout en espionnant la scène – cela va de soi. Je fis bien.

En effet, le vénérable atteint la porte peu après. La porte, oui, mais pas la serrure !? Merde, voilà qu’j’ai plus les yeux en face des trous, m’dis-je. Alors me les frotte, et au Diable les contenances, je fixe le vieux au travail. Bordel, avais pas rêvé. Il est en train de marteler le truc en fer à côté du trou ! Avec la clé à l’envers.. Une seconde passe, deux. L’inquiétude se dessine sur nos traits à tous. Et ma main, réflexe honteux, jaillit pour lui venir en aide quand SOUDAIN ! Le brontosaure s’agenouille. Il s’agenouille !! Moi, je remballe ma main, et je recule d’un pas. Je sais pas vous, mais il commençait à m’paraître vaguement inquiétant l’extra-terrestre..

Notre bon gars commence à palper la serrure de sa main libre, et je comprends ! Le pauvre bonhomme y voit plus bien clair. Mais la panique revient quand il abandonne la palpation pour venir coller son œil à deux centimètres de l’obstacle. Hein, parce que ça commence à en devenir un de sérieux. Quelqu’un, une obscure divinité sans doute, quelqu’un ne veut pas que je, qu’on entre dans cette pièce, voilà c’qui m’occupe l’esprit à cet instant précis !

Mais du coup, suis plus sûr du tout de vouloir qu’il y arrive à trouver son trou l’autre. Alors je réfléchis, je réfléchis, dur. Ca fume, ça pète.. c’est le vide T-O-T-A-L. Incroyable. Et je suis resté coincé ainsi dans la glace, hypnotisé par mon imminente malédiction (imm’nent doom !), pétrifié connement tandis que Pépé Nobunaga finit par trouver la serrure et ouvre la porte.

Il a compris, lui aussi. Il me tend les clés, et me laisse passer. Il n’entrera pas..

2 Comments:

Anonymous Anonymous said...

oh pauv' pépé Nobunaga ^^ Sont trop gentils là-bas...

trop mignon toi... trop trop trop dans ton pti kimono...

Contente de te revoir parmi nous btw

7:00 PM  
Blogger The Gasp said...

L'était effectivement adorab' le vieux ^^ mais l'avait pas toute sa tête.. suis sur qu'il cherchait la voie !

9:47 PM  

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