Thursday, December 21, 2006

Subjective extinction.

Debout au milieu de la clairière. Nu. Il posa un doigt sur le petit bouton qui dépassait du gros cube métallique posé devant lui. Il resta immobile quelques secondes.


Ainsi donc, personne ne va venir m’arrêter ? Pas de super héros ? Pas de flic génial ? Même pas l’amour de ma vie ?

N’importe quoi. J’ai lu trop de policiers.
Je n’ai même pas de petite amie.


Il enleva son doigt de l’interrupteur et s’éloigna de quelques pas. Une petite moue apparut sur ses lèvres tandis qu’il levait le visage vers les étoiles. Il croisa les bras. La sensation de la brise sur sa peau était délicieuse.

Comment pourrais-je être arrêté ? Mes proches me voient bricoler dans mon coin depuis que j’ai cinq ans et ont arrêté d’essayer de comprendre le résultat de mes recherches avant que j’atteigne l’âge de raison. J’ai inventé et construit cette machine seul, à partir de théories que j’ai élaboré seul et de matériaux tout à fait communs. Je n’ai parlé de mes objectifs à personne, ni en public, ni en privé. Ni ne les ai noté où que ce soit.
Je suis un fantôme.
Ils admirent le génie et l’être humain, aiment l’enfant, l’ami, l’homme, respectent le rêveur.
Mais sont incapables de me voir.
Je suis un fantôme. Et un fantôme dont les capacités dépassent largement celles d’un simple génie.

La moue céda sa place à un léger sourire.

Quelle merveilleuse nuit.
Tout est et tout va pour le mieux.
Parfait.
Parfait.


Il se gratta le flanc, baissa les yeux. A ses pieds, deux petits tas de vêtements. S’ajoutait à celui de droite une grosse hache à double tranchant.

A gauche le passé et à droite l’avenir. Et je suppose que ma nudité correspond bien au présent. Un peu éculé tout ça. Mais peu importe. Je ne suis pas là pour faire du symbolique.

Son regard s’attarda sur l’arme.

Finalement, tu es le seul risque que j’ai du prendre. Mais vu le manque de professionnalisme des armuriers, de nos jours, c’était somme toute un risque assez restreint.
Même dans le cas contraire, cela aurait valu le coup.

Bien !
Je suppose qu’il est temps.

Il se pencha, fouilla dans le tas de droite et en sortit un large pantalon en coton et deux bandes de tissu. Il enfila le pantalon et se servit d’une des bandes comme ceinture. Il se passa l’autre autour du cou et repartit vers le cube.

Ce qui va se passer n’est pas important.

Lorsqu’il fut revenu à l’endroit précis qu’il avait quitté deux minutes plus tôt, il enleva son écharpe et se banda les yeux avec.

Le monde est sur le point de changer.
Je poursuis ma route.


Il attendit d’être sûr de ne rien voir du tout puis posa de nouveau son doigt sur le déclencheur.

Il y aura des morts. Beaucoup.
Je sais.
Des carambolages monstrueux, des milliers de bateaux en perditions, des centaines d’avions crashés, des centrales nucléaires en ruines.
Je sais.
Dix pour cent de la population mondiale disparaîtra dans les secondes qui suivent. Vingt pour cent si je comptais en minutes. Et bien plus dans les années qui suivront.
La misère démultipliée dans toutes les régions du globe. Un infini de savoir perdu à jamais. Une souffrance inimaginable.


Il accentua la pression exercée et sentit la résistance du bouton se briser.

Extinction des feux.

Ca y est.
Plus jamais le moindre courant électrique ne sera détecté sur Terre.

Qu’il en soit ainsi.


Il tendit l’oreille. Mais la forêt était toujours aussi calme.
Il contourna le cube avec précaution et marcha lentement jusqu’aux tas d’affaires.
Mesurant chacun de ses gestes, il finit de s’habiller, attrapa sa hache, choisit une direction au hasard et avança jusqu’à rencontrer un arbre.

Ne reste plus qu’à attendre l’arrivée de « demain »..

Il s’assit, dos au tronc. Laissa sa tête reposer en arrière. Poussa un léger soupir et laissa le sommeil venir peu à peu.

Le monde change.
Je poursuis ma route.





Mot de l’auteur !! ;p
S’ajoute normalement un épilogue (ou prologue.. enfin, une note quoi ! Un brin d'excuse, peut-être.) à cette histoire. Mais je ne le mettrai que si j’obtiens un certain type de réactions ^^.

12 Comments:

Anonymous Anonymous said...

Que penser de cette réaction ?!?

"En ce temps-là, nos fleurs vendaient leur viande aux chiens
Et nous habitions tous de sordides tripots
Avec des aiguillages pour nos petits matins,
Quand le beau macadam nous traitait de salauds,
Nous traitait de salaud.

Nous vivions nos vertiges dans des vibrations folles
Et gerbions nos enzymes en nous gueulant : moteur !
Mais entre deux voyages, entre deux verres d'alcool,
Nous n'avions pas le temps de décompter nos heures,
De décompter nos heures.

Nous étions les danseurs d'un monde à l'agonie,
En même temps que fantômes conscients d'être mort-nés.
Nous étions fossoyeurs d'un monde à l'agonie.
En ce temps-là, le rien s'appelait quotidien
Et nous allions pointer dans les jobs interdits.
Dans les musiques blêmes, dans les sombres parfums
Dans les dédales obscurs où plane la folie
Où plane la folie

Et nous avions des gueules à briser les miroirs,
À ne montrer nos yeux que dans le contre-jour,
Mais entre deux délires, entre deux idées noires,
Nous étions les plus beaux, nous vivions à rebours,
Nous vivions à rebours.

Nous étions les danseurs d'un monde à l'agonie,
En même temps que fantômes conscients d'être mort-nés.
Nous étions fossoyeurs d'un monde à l'agonie.
En ce temps-là, les gens s'appelaient citoyens.
Nous, nous étions mutants, nous étions androgynes.
Aujourd'hui, la tempête a lynché mes copains
Et je suis le dernier à rater mon suicide,
À rater mon suicide.

Mais je veux vivre encore plus ivre de cramer.
Je veux ronger le mal jusque dans ses recoins.
J'ai traîné mes vingt siècles d'inutilité.
Je n'ai plus rien à perdre, mais j'en veux pour ma fin,
J'en veux pour ma faim."

9:37 PM  
Blogger The Gasp said...

Ben, ça m'ferait sacrément plaisir de susciter une telle réaction ^^

par contre, cette fois, tu peux me traiter d'inculte ! Je vois pas de qui cela est.

9:04 AM  
Anonymous Anonymous said...

Ca va sauter non?

4:07 PM  
Anonymous Anonymous said...

C'est sûr que c'est moins classique.
On pourrait organiser un concours, mais comme on part ce soir à Tunis (D'ailleurs, merde ! On va rater la finale de la Star' Ac !!! T'es pour qui, toi : Domi ou Cyril ?), je vais donner la réponse :
"Exil sur planète fantôme" - Hubert-Félix Thiéfaine
:-)) ^^ ^^

5:11 PM  
Blogger The Gasp said...

Eh ben ! C'est pas mal HBT !

Qu'est-ce qui va sauter, maman ?
Relis mieux ^^
Je dis précisément ce que fais la boîte..

MMMMMMM.. Je suis pouuuuur.. CHTIIIIIIIING *throwing a coin*
CYRIL !!!! Yay !
C'est lui le meilleur !

7:45 PM  
Blogger The Gasp said...

Attendez, attendez. Me dites pas que cette nouvelle là aussi vous paraît incompréhensible ?
Veux dire.. je dis tout ! Ses sentiments, ce qu'il a fait, ce qu'il va faire, pourquoi il le fait même !
C'est tellement limpide que j'suis passé au travers en y repensant. D'où la note.
Qui, pour l'instant, semble avoir été écrite pour des clopinettes ^^

Ce qui serait tant mieux, si ça ne va pas de paire avec une incompréhension du récit..

7:50 PM  
Anonymous Anonymous said...

Moi, j'aimerais bien savoir comment tu fais pour écrire ton blog sans électricité... Hein ! C'est magique peut-être ? N'importe quoi cette histoire !

Tu es un fou dangereux, un écologiste sans cervelle rétrograde alors que que Confucius avait déjà dit qu'un monde sans électricité, c'est aussi absurde qu'un poisson sans bicyclette.

11:20 PM  
Blogger The Gasp said...

^^
ai rien fait moi !
^^

5:44 PM  
Anonymous Anonymous said...

j'ai trouvé ton épilogue ^^
On retrouve le gars mort...sa boit n'a pas marcher
Nyonyote

3:05 AM  
Anonymous Anonymous said...

Heureusement que je sais - d'ailleurs, le sais-je ? - que tu n'es doué ni en bricolage ni en armes - car j'aurais peur ... Seul et nu en haut de tes montagnes au Japon, aurais-tu décidé de sauver nos générations du surpeuplement, de la misère etc ? Serait-ce le but de ton voyage au Pays du Soleil Levant ? Mystère... mais tout ceci n'est qu'un rêve, tu te réveilles près de ton arbre et te rends compte que tu avais rêvé !!!

3:11 AM  
Blogger The Gasp said...

Rien a voir, ni l'un ni l'autre. ^^

Par ailleurs, Chantal, je suis extremement doue en bricolage, meme si je ne me sers que tres rarement de ce talent, je n'ai jamais echoue dans la moindre entreprise de bricolage.
En revanche, c'est vrai que mon interet pour les armes est un peu archaique..

1:50 PM  
Anonymous Anonymous said...

Bon, alors considère toi comme occupé du 15 juin au xxx Tout est à refaire chez moi et moi et le bricolage ...
On veut l'épilogue, l'épilogue, l'épilogue

10:42 PM  

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